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La vérité sur les réseaux MR en Afrique centrale

Les congolais sont par rapport aux rwandais et burundais les primo-arrivants en Belgique. Mais, C’est les tutsis rwandais et burundais qui ont pu se rapprocher le mieux et de plus près les réseaux des libéraux africanophiles belges avec l’Afrique Centrale. Si les libéraux ont beaucoup d’amis au Rwanda et au Burundi, ils ont un homme d’affaires qui règne en maître depuis toujours sur l’économie zaïroise et congolaise, "Georges Forrest, vice-roi du Katanga". Christophe Ayad de Libération décrivait en 2006 l'homme devenue à lui seul une mine d'investisements, comme "cet homme d'affaires belge aux activités troubles et proche du pouvoir de Kabila est devenu un des plus grands entrepreneurs miniers du Congo en installant ses usines sur les restes des exploitations phares du pays".

Selon Pierre Péan  (Noires fureurs, blancs menteurs, Enquête. Ed. Mille et une nuits, Paris 2005), le 1er libéral par qui la carte politique et diplomatique belgo-africaine a pris un nouveau visage est Jean Gol. Il aurait étudié à l’ULB avec l’ancien président Bagaza du Burundi à l’ULB. Il lui a rendu visite en 1987 à Bujumbura. En ce moment, le clivage entre laïcs et catholiques de Belgique est à son plus haut niveau., et le fossé s’est creusé aussi profond que celui qui sépare les wallons et les flamands.  Les maçons libéraux belges ont épousé la thèse des tutsi d’Afrique centrale de la négation des ethnies. Le principe de base démocratique  un homme pouvait s’appliquer partout ailleurs sauf au Rwanda et au Burundi.

Ceci était difficile sinon impossible à comprendre, jusqu’au jour où Marie-Cecile Royen du vif l’Express ose révéler que «l'affaire Kubla a mis en lumière les liens très particuliers que certains libéraux ont noués avec l'Afrique. Plusieurs réseaux s'y croisent, certains à la lisière de la politique et des affaires.

La nature a horreur du vide. Après le drame de Lubumbashi (massacres d'étudiants sous Mobutu, 1991) et le génocide du Rwanda (1994), les Belges refluèrent d'Afrique centrale. L'ère glaciaire ne s'interrompit qu'avec l'arrivée de Louis Michel (MR) au poste de ministre des Affaires étrangères, dans le premier gouvernement Verhofstadt, en 1999. Les libéraux néerlandophones et francophones (surtout) récupérèrent la place laissée vacante par des générations de responsables catholiques francophones et flamands (surtout), qui connaissaient le Congo et le Rwanda/Burundi comme leur poche, via leurs ONG et des diplomates très pointus. A force, les "bleus" se sont constitués un épais carnet d'adresses.

Comme celui de Serge Kubla. L'ancien ministre wallon de l'Economie et désormais ex-bourgmestre de Waterloo est inculpé pour corruption, après avoir remis de l'argent liquide (20 000 euros) à Chantal Muzito, la femme de l'ancien Premier ministre congolais Adolphe Muzito de passage à Bruxelles.

Avec ses fréquentations louches, le Waterlootois fait figure de Pied Nickelé aux côtés de deux poids lourds de la politique belge, Louis Michel (MR) et Herman De Croo (Open VLD), qui ont développé une vraie addiction pour l'Afrique et ont leurs entrées, par la grande porte, dans le monde économique congolais. La présence belge la plus importante s'orchestre autour de l'homme d'affaire belgo-zélandais George Arthur Forrest, qui s'est taillé un empire au Katanga. Louis Michel lui ménage tellement peu son amitié, encore renforcée par des liens maçonniques, qu'il a accepté de présider le comité scientifique de la Fondation George Arthur Forrest, basée à Wavre. Autre membre de cet aréopage philanthropique : Pierre Chevalier, senior vice-président du groupe Forrest et ancien homme politique libéral flamand, fervent lobbyiste de George Forrest. Louis Michel est très chatouilleux sur la question de son désintéressement par rapport aux entreprises du "vice-roi du Katanga".

De l'autre côté de la frontière linguistique, le patriarche Herman De Croo ne fait pas mystère de ses liens avec le Congo. Il y a des intérêts privés en tant qu'administrateur de la société d'investissement Texaf. Il est également président-fondateur du Centre belge de référence pour l'expertise belge en Afrique Centrale, dont les délégués universitaires étaient, jusqu'il y a peu, Pierre Verjans (ULg) et Filip Reyntjens (université d'Anvers).

Il ne faudrait pas sous-estimer la place que l'Afrique a prise dans les tripes et les jeux de pouvoirs des libéraux. Elle leur offre une cour de récré plus grande que la Belgique et peut-être le sentiment d'encore peser, un peu, sur les affaires du monde. Ils y ont développé des relations qu'il serait, certes, hardi de comparer avec celles que la "Françafrique" entretient avec ses anciennes colonies mais elles reposent quand même sur un maillage étroits de liens d'affaires et de connivence philosophique ».

La vérité ne fait que commencer à se révéler. Mais, tout le monde la connait depuis toujours, mais personne ne sait quoi en faire.

Le dossier dans Le Vif/L'Express de cette semaine. Avec :

  • l'avis et le rôle d'Alain Destexhe
  • l'influence de François-Xavier de Donnéa
  • la chasse gardée du clan Michel- Wavre, fief des businessmen actifs au Congo
  • la rivalité Reynders-Michel
  • Alexandre de Croo : "Difficile de faire du business au Congo"
  • diplomatie : les libéraux s'exportent bien

En savoir plus sur:

Source : Les réseaux africains du MR

Marie-Cecile Royen , 12/03/15 à 10:37 – in Le Vif/l'express

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www.archives-afriquecentrale.com, 20.03.2015

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