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ONU vs Carla Del Ponte: Assad de Syrie versus Habyarimana du Rwanda

En 1994, un rapporteur spécial nommé Réné Degni Segui débarque à Kigali et conclut en moins de 5 jours à un "génocide" dans un rapport qu'il rend le 25 mai 1994 au Commisariat des Nations Unies pour les Droits de l'Homme. Cette conclusion fera le malheur des millions de rwandais pourchassés par les rebelles devenus maîtres du pays et alliés de la "communauté internationale".  Les rebelles poursuivront les réfugiés avec la bienveillance de l'ONU et feront 6 millions de morts dans la république démocratique du Congo, sans que personne ne lève le petit doigt pour les en empêcher ni les condamner.

Devenu célèbre par cette conclusion qui a fait date, Réne Degni Segui pourra dire dans ses multiples conférences sur le continent africain et en Europe qu'il est à l'origine de la création du Tribunal pénal international pour le Rwanda qui a accrédité à son siège une représentation du gouvernement des rebelles tutsi rwandais pour juger les seuls représentants du gouvernement déchu de Habyarimana, le premier assassiné dans l'attentat terroriste qui a déclenché "l'apocalypse" rwandaise de 1994. Professeur de droit à l'université d'Abidjan, il sera nomé par le Président Laurent Gbagbo au Conseil Constitutionnel ivoirien de 2003 à 2009.

Pour la Syrie, l'histoire rwandaise ne se répètera pas.

On dirait que l'histoire rwandaise se répète en Syrie, à la différence près que seule Carla Del Ponte, cette ambassadrice de Suisse en Argentine et magistrate de renom a tiré les leçons de son expérience rwandaise et yougoslave. En effet, le 28 septembre 2012, l'ex-procureure du Tribunal International pour le Rwanda (TPIR) basé à Arusha en Tanzanie (1999-2003) et celui de l'ex Yougoslavie (TPIY) basé à la Haye au Pays Bas (1999 à 2007) avec l'ex-rapporteur spécial de l'ONU sur la Corée du Nord, Vivit Muntarbhorn, ont été nommés commissaires au sein de la commission d'enquête de l'ONU sur la Syrie. "Prenant en compte la prolongation du mandat" de la commission, en mars 2013 décidé par le Conseil (...) et vu qu'il n'y a pas de signes d'amélioration sur le terrain, je souhaite proposer que la commission soit renforcée avec la nomination de deux commissaires additionnels : (...) Carla Del Ponte et Vivit Muntarbhorn" a déclaré la présidente du Conseil des droits de l'homme, Laura Dupuy Lasserre lors de leur nomination (28/09/2012).

Le renforcement fut de taille. Carla Del Ponte, ayant cessé d'être conformiste depuis qu'elle a refusé d'avaliser les ordres du Département d'Etat américain qui voulait couvrir à tout prix le Rwanda de Paul Kagame, conclut cotre toute attente que ce sont les rebelles qui utilisent les armes chimiques chargées au gaz "sarin". "Les rebelles syriens ont fait usage du gaz sarin. ... Selon les témoignages que nous avons recueillis, les rebelles ont utilisé des armes chimiques, faisant usage de gaz sarin", a affirmé Carla del Ponte, dans une interview à la radio suisse italienne dans la nuit de dimanche à lundi 6 mai 2013.

"Nos enquêtes devront encore être approfondies, vérifiées et confirmées à travers de nouveaux témoignages, mais selon ce que nous avons pu établir jusqu'à présent, pour le moment ce sont les opposants au régime qui ont utilisé le gaz sarin", a ajouté Carla del Ponte, qui est également l'ancien procureur du Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY).

Elle a expliqué que les recherches de la Commission d'enquête de l'ONU, qui doit présenter ses observations aux prochaines sessions du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU en juin, étaient loin d'être terminées. Elle a par ailleurs précisé que les enquêtes en cours pourraient aussi établir si le gouvernement de Bachar al-Assad a aussi utilisé ou non ce genre d'armes chimiques.

La conclusion de Carla Del Ponte à Dams est loin du template que l'ONU avait tracé pour René Degni Segui à Kigali.

Carla del Ponte désavouée?

Le Huffington Post en association avec le Monde.fr suggèrent dans leur publication du 06.05.2013 que l'ONU dément Carla Del Ponte, "membre de la Commission d'enquête de l'ONU sur les violations des droits de l'homme en Syrie, qui n'a pas voulu conclure à ce que ses commanditaires avaient programmé". La presse conformiste refuse de dire à ses lecteurs ce que le chef de cette commission d'enquête s'il y en a un autre pense de cette sortie de Carla Del Ponte.

 Après l'attaque d'Israel contre la Syrie, la déclaration de Carla Del Ponte change un peu la donne et les plans du conflit syrien. Les américains et les riusses envisagent de demander que les 2 parties au conflit syrien prennent langue et entament des négociations, et un tribunal international aurait certainement à juger les membres des parties béligérantes.

La conlusion innatendue oblige l'ONU à promonger le mandat de la Commission d'enquête, composée de quatre juristes, dont le mandat s'achèvera en mars 2014, publiera son prochain rapport sur les violations en Syrie du droit international fin mai. Il sera ensuite présenté le 3 juin au cours de la prochaine session du Conseil des droits de l'homme de l'ONU à Genève. Les équipes de la Commission d'enquête, créée en 2011, n'ont jamais reçu le feu vert de Damas pour entrer en Syrie. La Commission mène donc ses investigations en se rendant notamment dans les pays voisins, où ses enquêteurs interrogent des réfugiés, des victimes et des médecins.

Un gaz neurotoxique mortel

Le sarin est un puissant gaz neurotoxique découvert à la veille de la Seconde Guerre mondiale en Allemagne et utilisé dans le métro de Tokyo en 1995. Outre son inhalation, le simple contact avec la peau de ce gaz bloque la transmission de l'influx nerveux et entraîne la mort par arrêt cardio-respiratoire. La dose létale est d'un demi-milligramme pour un adulte. Il est inodore et invisible.

Les victimes se plaignent d'abord de maux de tête violents et présentent des pupilles dilatées. Surviennent ensuite convulsions, arrêts respiratoires et coma précédant la mort. Il peut être utilisé en aérosol, notamment à partir de l'explosion de munitions mais peut également servir à empoisonner l'eau ou la nourriture, selon le Center for Disease and Control Prevention (CDC) d'Atlanta.

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