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Rwanda - RDC: Pourquoi la Tanzanie demande-elle la médiation de l'Ouganda?

Depuis l'attaque du FPR contre le Rwanda le 1er octobre 1990, le Front Patriotique rwandais - FPR - actuellement au pouvoir à Kigali depuis juillet 1994, a su tromper l'opinion internationale par son principe: "négocier et combattre". Et 23 ans après, le mouvement des rebelles, auteur présumé du premier attentat terroriste en Afrique qui a tué sur le champ 2 chefs d'Etat africains (Juvénal Habyalimana du Rwanda et Cyprien Ntaryamira du Burundi), déclenchant ainsi le génocide rwandais le 6 avril 1994, a su s'infliltrer dans la plus haute instance de décisions de la planète, le conseil de securité de l'ONU. Qui pouvait imaginer qu'un Saddam Husesein, un Khaddafi, un Bacchar El Assad ou un Milton Obote soit invité à sièger au Conseil de sécurité?

On ne peut dont pas être étonné de comprendre pourquoi le président Tanzanien demande la médiation de l'ami de Paul Kagame, le président Museveni du Rwanda. Affaire à suivre.

Dusa Soto.

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ARUSHA : Le président tanzanien, Jakaya Kikwete, a demandé à son homologue ougandais, Yoweri Museveni, de servir de médiateur entre la Tanzanie et le Rwanda, pays ayant, depuis fin mai, des relations conflictuelles, a indiqué, hier, le Premier ministre tanzanien.
"Le président Kikwete a demandé au président de l'Ouganda, Yoweri Museveni, de voir comment aplanir le différend" entre la Tanzanie et le Rwanda, a annoncé, hier, à l'Assemblée nationale, le Premier ministre Mizengo Pinda.
Le chef du gouvernement tanzanien répondait à une question du chef de l'opposition parlementaire, le député Freeman Mbowe, lors de débats retransmis à la télévision nationale.
La Tanzanie "n'a pas la moindre raison d'entretenir des relations conflictuelles avec le Rwanda", a souligné M. Pinda.
Les relations entre les deux pays se sont brusquement dégradées fin mai, lorsque le président Kikwete a appelé ses homologues ougandais, rwandais et congolais à négocier avec les mouvements rebelles auxquels ils sont respectivement confrontés.
La proposition a été considérée comme un affront par le gouvernement rwandais qui exclut tout dialogue avec les rebelles hutus des Forces démocratiques de libération du Rwanda (Fdlr), basés dans l'est de la République démocratique du Congo (Rdc) voisine et que Kigali considère comme des responsables en fuite du génocide de 1994 au Rwanda.
Les propos de M. Kikwete ont déclenché une escalade verbale d'une violence inédite entre les présidents tanzanien et rwandais qui, depuis, ont échangé des menaces plus ou moins explicites.

Source: Agence AFP, 30/08/2013.

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L'ONU assure que le Rwanda soutient militairement les rebelles du M23

NEW YORK - L'ONU a des informations crédibles et cohérentes sur un soutien de l'armée rwandaise aux rebelles du M23 dans les combats en République démocratique du Congo (RDC), ont déclaré jeudi des diplomates.

Ces troupes rwandaises se sont infiltrées en RDC durant ces derniers jours, ce qui a conduit le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon à contacter le président rwandais Paul Kagame pour lui demander instamment de faire preuve de retenue, selon ces diplomates citant un compte-rendu d'un responsable de l'ONU.

Ce responsable, Edmond Mulet, sous-secrétaire général aux opérations de maintien de la paix, s'adressait au Conseil de sécurité lors de consultations à huis clos sur la situation en RDC.

Toujours selon les diplomates, il a indiqué au Conseil que la Monusco (Mission de l'ONU) avait constaté des tirs d'artillerie du M23 sur le Rwanda, alors que Kigali accuse les forces de Kinshasa d'avoir tiré sur son territoire.

M. Mulet a en revanche précisé que la Monusco n'avait pas constaté de tirs sur le Rwanda de la part des forces gouvernementales congolaises (FARDC). Les tirs d'artillerie venaient de zones où les FARDC ne sont pas présentes, a-t-il expliqué. Il a qualifié d'intenable la situation dans le Nord-Kivu.

A l'issue de ces consultations, le Conseil a publié une déclaration condamnant dans les termes les plus fermes les attaques répétées et ciblées du M23 contre les civils et la Monusco, dont un Casque bleu a été tué mercredi et plusieurs autres blessés.

La déclaration unanime des 15 pays membres réclame le désarmement et le démantèlement des groupes armés, dont le M23. Elle qualifie également les attaques contre les Casques bleus de crime en droit international, et rappelle la menace du Conseil de prendre des sanctions ciblées supplémentaires contre ceux qui violent l'embargo sur les armes en RDC.

Selon l'ONU, le chef de la Monusco Martin Kobler se trouve actuellement à Kigali pour des entretiens avec les responsables rwandais, et l'envoyée spéciale de l'ONU pour les Grands Lacs Mary Robinson a contacté des responsables rwandais, congolais et ougandais.

Kinshasa et l'ONU accusent le Rwanda et l'Ouganda de soutenir le M23, ce que ces deux pays ont toujours démenti.

Le M23 accuse de son côté les forces armées de la RDC (FARDC) de combattre aux côtés des rebelles hutus rwandais du Front démocratique de libération du Rwanda (FDLR), et affirme que des obus tirés par les FARDC tombent dans les quartiers populaires de Goma et Gisenyi au Rwanda.

Le vice-maire de Gisenyi, Ezechiel Nsengiyumva Buntu, a indiqué à l'AFP qu'une Rwandaise avait été tuée et son enfant grièvement blessé jeudi matin par un obus tiré volontairement de RDC.

Goma fait face à la ville de Gisenyi, qui la jouxte de l'autre côté de la frontière rwandaise.

Le représentant adjoint du Rwanda, Olivier Nduhungirehe, s'est déclaré surpris par les accusations de l'ONU. Il a réaffirmé devant la presse que Kigali était certain que les obus tombés au Rwanda venaient des FARDC et a demandé une enquête internationale.

Selon des diplomates, le Rwanda a bloqué mardi une proposition franco-américaine de sanctions contre deux responsables du M23. Il s'est aussi opposé depuis une semaine à plusieurs projets de déclaration du Conseil sur la situation à l'est de la RDC, qui dénonçaient les tentatives du M23 pour avancer sur Goma et les attaques contre les Casques bleus de la Monusco.

(©AFP / 29 août 2013 21h26)

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